On commence la photo, on photographie les objets, la nature. Puis vient le moment où on commence à couvrir des manifestations, des défilés, des concerts.

Il est assez facile aujourd’hui de se retrouver devant un podium avec son matériel pour photographier un concert, un défilé, ou d’autres manifestations en basse lumière. Que ce soit en extérieur, ou dans des salles ou des bars. Il s’agit d’une situation fortement stimulante du fait de la proximité des artistes et des scènes lumineuses créées par les différents spots de couleurs utilisés.

Mais cette pratique est bien plus complexe qu’il n’y parait. En effet, la lumière y est souvent faible, changeante ou à contre-jour. Les sujets sont également souvent en mouvement et cachés derrière des micros ou autres accessoires dont l’emplacement n’est généralement pas pensé pour les photographes. Quant à vous, vous ne serez pas forcément au meilleur endroit, ni par rapport à la scène, ni par rapport aux spectateurs que vous pourrez gêner. La galère quoi…

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Le matériel adéquat :

Il est d’abord important de bien connaître son matériel.

Disposer d’un boitier permettant de monter dans les ISO sans que la photo ne soit trop dégradée par le bruit est un plus. Il n’est pas rare de se retrouver dans les 1600 ISO, voire plus, afin de pouvoir garder une vitesse de déclenchement suffisante. Les photos de concerts, comme les autres photos, respectent les mêmes règles de composition et de gestion de la lumière

Une fois le bon boitier en mains, il faut maintenant choisir les objectifs. Les objectifs lumineux sont, bien sûr, le meilleur choix :

  • Un grand angle pour les plans larges, permettant de prendre une grande partie de la scène. Ceci permet d’avoir une vision globale de ce qui s’y passe. Des objectifs tels que les Nikon 14-24 f/2.8 ou 24-70 f/2.8 ou les équivalents d’autres marques.
  • Un téléobjectif pour les cadrages plus serrés. Généralement, un 70-200 ouvrant à f/2.8 fera l’affaire. Ce type d’objectif permettra non seulement de faire des portraits des artistes sur la scène, mais aussi de bien détacher le sujet de l’arrière-plan grâce à leur grande ouverture en créant des flous d’arrière-plan (appelé bokeh).
  • Pour ceux qui le souhaitent, des focales plus longues peuvent être intéressantes et permettront de faire des portraits plus serrés sur les artistes. Ceci est valable surtout sur les grandes scènes, ou si vous n’avez pas pu vous retrouver devant le podium comme vous le souhaitiez.
  • Que ce soit en grand-angle ou en téléobjectifs, les focales fixes peuvent être des choix judicieux grâce à leur ouverture généralement plus grande que les zooms et leur qualité optique.

Lors des couvertures photographiques de concerts, un flash n’est pas nécessaire. Ce dernier pourrait gêner ceux qui sont sur la scène. Et de plus, sans une bonne maîtrise de celui-ci, le résultat sera moins bon que sans flash.

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La technique :

Surtout pour les photos de concerts, le format RAW reste le meilleur choix. Ce format permet de corriger la balance des blancs a posteriori pendant le post-traitement. Ce n’est pas négligeable car les lumières de concerts, souvent multicolores, peuvent prendre à défaut les capteurs de certains boîtiers et donner des couleurs qui ne reflètent pas la réalité.

Comme dit plus haut, les conditions de luminosité sont souvent limites. Un positionnement à 800 ISO, voire 1600 ou plus est souvent nécessaire afin de garder une bonne vitesse de déclenchement. Si cette dernière est trop faible, cela pourra engendrer des flous de bouger sur les sujets photographiés.

Je fais le choix d’être généralement en priorité ouverture. Du fait du manque de lumière, l’objectif est le plus souvent à l’ouverture maximale. Cela permet en plus de détacher le sujet de l’arrière-plan par le flou créé par ce réglage.

Dans certains cas, la priorité vitesse peut être un choix judicieux. Soit pour figer un sujet en mouvement (même en sous-exposant un peu), soit au contraire pour créer volontairement des flous de bouger.

Le mode manuel peut également être utilisé si les conditions de lumière ne sont pas trop changeantes.

Une astuce supplémentaire. Certains boîtiers permettent un réglage automatique de la sensibilité avec un réglage minimal de la vitesse d’obturation. Le but étant de garder une meilleure sensibilité afin d’éviter au maximum le bruit numérique.

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Voilà donc quelques éléments qui, j’en suis sûr, aideront certains d’entre vous. Ces conseils sont valables également pour toute couverture d’événements dont les conditions lumineuses sont difficiles. Sachant qu’une photo peut être bonne techniquement sans dégager d’émotion, le plus dur reste à faire.

J’ai tenté, sans être trop long de vous donner ma vision de la photo en basse lumière.

Faites-moi part de votre expérience, des différentes difficultés rencontrées lors de ces prises de vue et nous pourrons en discuter plus longuement.